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De l’été 1943 à l’été 1944, la gare de Bobigny, qui était alors une gare désaffectée de la grande ceinture, devint le lieu de déportation des Juifs détenus au camp de Drancy, situé à un peu plus de 2 Km. Dans ce rôle, elle succéda à la gare du Bourget qui dés mars 1942 fut utilisée comme principal lieu de déportation des Juifs de France. En 13 mois, 22 407 hommes, femmes et enfants de tous âges y furent embarqués, à Bobigny, dans des convois de wagons plombés qui devaient les mener vers le camp d’extermination d’Auschwitz où l’immense majorité d’entre eux trouva la mort. Après la Seconde Guerre mondiale, ce site de 3,5 hectares fut utilisé à des fins industrielles par un ferrailleur. C’est aujourd’hui une friche ferroviaire inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, en raison de son utilisation durant la seconde guerre mondiale. Elle constitue, en France, le seul exemple de gare de déportation aujourd’hui désaffectée et préservée dans un état proche de sa configuration d’origine. En ce sens, c’est un lieu unique. Désormais propriétaire du site, la ville de Bobigny entend lui redonner vie en mettre en valeur ce site en soulignant ses dimensions, paysagères, historiques et mémorielles. Ce projet s’inscrira en complémentarité avec celui du mémorial de la Shoah qui doit voir le jour à Drancy. Ce projet que nous vous invitons à découvrir sera un lieu en évolution dédié à la conservation d’une mémoire et d’une histoire, qui s'inscrira dans un contexte urbain et social, en pleine mutation.
 Vue des rails reliant l’imprimerie du journal de l’Illustration et du fort d’Aubervilliers - © 2009 Anne Badrignans |