Accueil arrow Topographie de la déportation
  • Français
  • English

Topographie de la déportation

Quand Brunner décide en juillet 1943 d’utiliser la gare de Bobigny comme lieu de départ des convois, c’est la zone dédiée aux marchandises qui servira de lieu d’embarquement. La déportation des Juifs internés en France s’inscrit ainsi dans une logique d'extermination massive, rapide et industrielle.

Du 18 juillet 1943 au 31 juillet 1944, 21 convois partent de Bobigny : 19 pour Auschwitz ; 1 vers Kaunas et Tallin ; 1 vers Buchewald. Sur les 22 407 personnes déportées, seules 1 474 en reviendront.

Une organisation sans faille

Tous les convois de déportés juifs font l’objet d’un échange de télégrammes [possibilité de mettre en ligne un de ces télégramme traduit] entre Paris et Berlin d’où Karl Adolph Eichmann supervise la mise en œuvre de la solution finale sur l’ensemble de l’Europe. Pour chaque convoi, Brunner sollicite l’accord de son supérieur. Il en confirme ensuite le départ effectif.
Les convois étaient formés la veille du départ le long de voies situées entre la halle à marchandises et l’actuelle avenue Henri Barbusse. Un commando d’internés de Drancy venait alors répandre un peu de paille dans les wagons et y disposer quelques seaux.

Le jour de l’embarquement, des autobus et des camions venant du camp de Drancy distant de 2,2 km, conduisaient les internés le long du convoi. Ils embarquaient rapidement encadrés par les SS et les gendarmes français.

Lors du trajet, certains déportés réussirent à jeter de petits billets destinés à rassurer leurs proches. Lorsqu’elles étaient trouvées, ces missives étaient envoyées, par ceux qui les ramassaient, à leurs destinataires par la poste.

Une fois scellés, les wagons plombés empruntaient la ligne de la Grande ceinture, puis, rejoignaient le réseau menant vers l’Est de la France, l’Allemagne, puis vers la Pologne.

L'oubli

Si certains survivants ont gardé la mémoire de leur embarquement à Bobigny, ils sont rares et la plupart d’entre eux n’ont pas un souvenir très précis de la gare de Bobigny, en raison de la rapidité avec laquelle, ils embarquaient dans les wagons à bestiaux, même si plusieurs heures pouvaient s’écouler avant le départ du convoi.

D’autre part,  la violence du débarquement sur la « Judenramp » et  l’empreinte indélébile de ce qu’ils subirent à Auschwitz, font que la gare de Bobigny, comme étape vers l’extermination, n’a pas été investie par le souvenir de la même manière que le camp d’Auschwitz ou celui de Drancy.

Toutefois certains de ces survivant ont témoigné des conditions d’embarquement sur le site et de l’ambiance qui y régnait, des riverains qui habitaient sur place (notamment les enfants de cheminots, alors adolescents) ou aux alentours en 1943 ont également racontés de ce qu’ils ont vu les jours de départ des convois (voir le film).